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LES RUMEURS DANS LA GUERRE (LIBAN 1975 1977)

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Fadia E. NASSIF

 

Univ.

Paris V/R.D. Sorbonne

Spéc.

Anthropologie/Sociologie

Dip.

Année

# Pages

D.N.R.

1992

482

 

Dans le contexte de la guerre intercommunautaire qui a sévi au Liban entre 1975‑1977,les milices aussi bien que tous les membres engagés de chaque communauté avaient besoin de “verités” relatives au camp adverse qui représente l’ennemi "traître" qui veut usurper le pays, s'en emparer et éliminer les autres. L'autre représente alors le mal et le malheur aussi bien dans son action quotidienne que dans sa stratégie globale.

La vérité de l’autre n'est pas dans ce qu'il dit, dans ses médias à lui, elle est dans la représentation qu'on a de lui, dans les intentions qu'on lui prète, dans les complots qu'il famente, dans ce qu'il compte faire à chaque instant pour détruire l’autre.

C’est dans ce climat que naissent les rumeurs dont on ne connait pas l’origine dans chaque camp, mais auxquelles on donne une complète crédibilité, parce qu'on "connait bien l’autre". Aussi les rumeurs en temps de guerre civile sont à la fois le produit de la peur de l’ennemi qu'une force mobilisatrice pour lutter contre lui.

L'auteur de cette thèse s'est employée à faire un recencement et une analyse des rumeurs dans les deux Beyrouth en interrogeant une centaine de personnes dans chaque zone est et ouest de la capitale, pour en dégager la constellation d'idées que chaque camp avait de l’autre durant les deux années de la guerre civile au Liban.