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L’ACTRICE AU LIBAN 1960-1990 STATUTS, RÔLES ET FONCTIONS
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Hakme T. ABOU ALI
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Univ. |
Paris VIII |
Spéc. |
Arts Dramatiques |
Dip. |
Année |
# Pages |
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D.N.R. |
1991 |
670 |
Le Liban par sa situation de rive orientale de la Méditerranée, est depuis plusieurs millénaires, un lieu d’échanges, de contacts, d’osmose, de conflits de civilisations. C’est ce qui explique son extraordinaire diversité de communautés d’appartenance, notamment en ce qui concerne le religieux.
Sous l’influence de seize ans de guerre civile, la société libanaise vit de profonds bouleversements qui tendent à un rééquilibre des identités religieuses au profit des musulmans, dont la majorité démographique retrouve peu à peu son expression politique, culturelle et spirituelle.
C’est dans ce contexte global mais historiquement concret que nous situons notre sujet. En effet la possibilité pour la femme musulmane libanaise d’accéder à la profession d’actrice exprime un aspect de cette dynamique sociale, culturelle et religieuse.
Notre sujet est à l’entrecroisement de plusieurs évolutions de rapports sociaux:
- Modifications des rapports familiaux, avec en particulier une plus grande conscience collective des femmes pour construire leurs droits à l’éducation, l’expression, la liberté de choix du conjoint.
- La réaffirmation politique, le développement éducatif et culturel des communautés musulmanes leur permet de révitaliser leur réflexion. La question d’une éventuelle incompatibilité de l’Islam et du théâtre, ou l’art du spectacle en général se pose dès lors, de façon ouverte et diversifiée.
- L’analyse critique, mais non le rejet systématique des expressions idéologiques et culturelles-notamment les spectacles-importés de l’Occident, par des courants populaires, nationalistes, religieux conduit à l’émergence de formes culturelles encore inachevées.
Ce sont donc bien ces trois dynamiques sociales concrètes et interdépendantes qui nous permettent de formuler notre sujet. Celui-ci n’est donc pas posé comme une possibilité théorique, mais comme l’étude de pratiques en cours. Nous n’en ferons pas non plus un sujet de discussion théorique abstrait inventoriant les diverses positions prises au cours des siècles, mais nous mènerons une enquête au présent, sur les opinions, attitudes, comportements des milieux professionnels, des actrices des professeurs, étudiants et étudiantes de l’Institut des Beaux-Arts, des savants (Ulémas) et leurs multiples interactions.
La guerre a donné à la femme libanaise des responsabilités et des droits. Les circonstances ont renforcé sa présence au sein de la société active. Elles ont permis d’accéder à différents rôles dans des domaines qui lui étaient interdits ou difficilement accessibles.
La femme dans la société libanaise, malgré ces changements, peut-elle choisir facilement un métier dans n’importe quel domaine? Peut-elle choisir facilement le métier d’actrice? Notre propre expérience, nous a donné l’occasion de constater que l’art de la représentation posait à ce propos un problème sérieux.
Au Liban le mot le plus couramment utilisé pour désigner la comédienne est “artiste”, il semble que l’introduction du mot artiste, qui est complètement arabisé, est lié au début du mandat Français au Liban. Il s’agit du glissement durable dans la langue parlée, de la connotation. En effet, dans ce contexte, les “artistes” accompagnaient les troupes françaises et avaient pour fonction de les divertir. Le glissement de sens est si vite fait, que même dans le droit libanais, il est dit qu’une “artiste” ne peut avoir la garde de ses enfants en cas de divorce car c’est une femme frappée d’indignité. Ce terme peut donc signifier “entraîneuse”, ou “prostituée”. Cela nous confirme les problèmes rencontrés par les actrices dans l’exercice de leur métier.







